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abus de pouvoir,abus de langage

Au moment où notre pays doit faire face à la plus grave crise économique du dernier demi-siècle, il est aussi confronté à une profonde crise de leadership. Celle-ci, qui n’est encore qu’esquissée, finira bientôt par apparaître. Il faut être attentif à ses signes avant-coureurs ! Depuis près de deux ans que Nicolas Sarkozy est à l’Elysée, il ne se passe pas une semaine pourtant sans qu’il n’en donne une nouvelle illustration.

Ses manifestations les plus récentes n’ont curieusement soulevé que peu de réactions : le chef de l’État n’a ainsi pas hésité à se livrer à une justification éhontée du bouclier fiscal au moment où des centaines de milliers de nos concitoyens sont menacés dans l’emploi, rejetant toute idée de solidarité face à la crise ; il a à Saint Quentin tenu un discours de chef de parti là ou l’on attendait un homme d’État soucieux de rassurer et de rassembler le pays ; il n’a pas même hésité à trahir sa parole donnée aux salariés de Gandrange sans parler de l’affaire Perol où le pouvoir a ouvertement menti quant à la consultation de la commission de déontologie.

Pris de manière isolée, chacun de ces manquements interroge. Mais pris ensemble, ils révèlent une attitude : celle d’un profond mépris à l’égard de nos règles, de l’esprit de nos institutions, de nos moeurs même, qui devrait le disqualifier ou en tout cas souligner à quel point il est au fond peu apte à occuper les plus hautes fonctions en tant de crise. Sa forfanterie, ses fanfaronnades régulièrement rapportées par la presse en donnent un nouveau témoignage. Et ce dont il faut s’étonner ce n’est pas que Ségolène Royal ait choisi de les dénoncer mais qu’elle soit la seule à le faire !

L’abus de pouvoir, ce n’est pas seulement quand on viole la lettre de la loi, c’est quand on utilise consciemment sa position et l’autorité qu’elle donne pour surmonter ou masquer ses faiblesses…

Oui, Nicolas Sarkozy, par l’usage partisan qu’il en fait, le mépris qu’il montre à l’égard de ses amis comme de ses adversaires, les abus de langage y compris dans le champ diplomatique qu’il multiplie, abuse de son pouvoir au lieu de l’exercer. Il désunit là où il faudrait rassembler, il exaspère quand il faudrait rassurer, il s’agite quand il faudrait simplement agir. La vérité est que notre pays n’est pas bien gouverné… À moins que George Bernard Shaw ait eu raison en prétendant que « la démocratie est un dispositif qui assure que nous ne serons pas gouvernés mieux que nous le méritons »… De mon point de vue, la France mérite mieux ! »

Gaëtan Gorce

PS : Comment dans un tel contexte ne pas apporter un plein soutien à Libération et à son directeur qui dénonce une excessive complaisance…

http://gorce.typepad.fr/blog/

 

 


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