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Point sur les mesures tarifaires

Fabrice Labroille – 27 mai 2009

 

Pourquoi augmenter les tarifs ?

La hausse tarifaire proposée viendra compenser l’augmentation du besoin de financement du STIF qui est estimé à +84,7M€ en 2009 et de +84,7M€ en 2010 (suite à la diminution des provisions pour risques économiques et au report du complément transport). Hors toute décision de mesure nouvelle, le budget du STIF augmente mécaniquement d’une année sur l’autre, du faite de la prise en compte « en année pleine » de mesures décidées les années antérieures (augmentation de la fréquence de bus, de métro, de RER, création d’une navette fluviale, tarification sociale, ticket « t+ », suppression des zones 7-8) et de la dynamique des contrats passés avec les transporteurs.

 

Pour rappel, le STIF est financé principalement par trois sources différentes :

-       le Versement transport (taxé payée par toutes les entreprises de plus de 9 salariés)

-       la tarification

-       les contributions des collectivités (Région et les 8 départements franciliens)

 

Tu trouveras à la fin de la note un récapitulatif du budget du STIF.

 

Depuis 2006, l’offre supplémentaire, estimée à 400M€, a été faite sans augmenter réellement la tarification au-delà de l’indice des prix INSEE et sans que l’Etat autorise l’augmentation du Versement Transport. Cet accroissement de l’offre a été pris en charge par l’augmentation des contributions des collectivités. Dans le même temps, la tarification aux usagers a connu une évolution limitée à la prise en compte de l’inflation, indépendamment des services nouveaux mis en place.

Entre 2002 et 2004, le STIF alors dirigé par l’Etat avait augmenté les tarifs de 10% !

 

Une conjoncture économique difficile

Les collectivités franciliennes voient leur équilibre budgétaire se dégrader: leurs ressources propres baissent (notamment les droits de mutation pour les départements, les taxes sur les bureaux, la TIPP et les cartes grises pour la région) et elle n’ont plus les marges financières nécessaires pour continuer à accroître leur financement. En effet, leurs charges sont au mieux stabilisées, voire s’accroissent du fait de cette situation économique.

La crise a d’ores et déjà deux conséquences : une baisse des recettes du Versement Transport et un moindre accroissement de la fréquentation de notre réseau lié à l’augmentation du chômage.

 

Le désengagement de l’Etat

Faute d’un investissement suffisant de sa part, aggravée depuis 2002, le réseau de transport qu’il nous a légué en 2006 se détériore. Pour y faire face et essayer d’assurer des transports de qualité aux usagers, la Région et les collectivités franciliennes ont plus investi en 3 ans que l’Etat ne l’avait fait en 20 ans.

De plus, contrairement à ce qu’il pratiquait auparavant, l’Etat n’a pas accepté d’augmenter le Versement transport. Lui seul en a le pouvoir. Il a donc reporté le financement des transports sur les collectivités et les usagers.

 

Une augmentation limitée

Malgré ce désengagement, il nous a paru indispensable de ne pas fragiliser le STIF, outil régional essentiel, dans un contexte où les enjeux en termes de transports vont croître de manières très importantes dans les années à venir.

Le budget du STIF ne peut pas être en déficit. Les recettes et les dépenses doivent être équilibrées.

Dans un premier temps, le STIF contraint par ce contexte économique, avait envisagé une hausse tarifaire de 4,6% (avec notamment une augmentation uniforme de 3€ de la carte orange).

Mais face à la détérioration de la situation sociale, il a semblé injuste aux élus socialistes que les usagers paient une fois de plus les conséquences de la politique désastreuse menée par le gouvernement qui aggrave la crise. Il fallait que tous les acteurs partagent équitablement la charge.

Jean-Paul Huchon a réussi à convaincre les départements franciliens d’augmenter leur contribution pour 2010, année où le risque économique se posera avec le plus d’acuité.

Les « provisions pour risque financier» ont été diminuées et la mise en place du complément transport reporté.

Ces décisions permettent en définitive une augmentation limitée à 2%, soit moins de la moitié de ce qui était initialement prévu. Concrètement, la carte orange sera augmentée de 1,5 euros sur l’ensemble des abonnements, favorisant ainsi les usagers effectuant les trajets. Les abonnées des zones 1-6 verront leur carte augmenter de seulement 1,23%.

Les tickets augmentent également de 2%.


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