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Archives pour 06/2009

Michèle SABBAN

Communiqué de Presse

 

En route pour Copenhague…

Des régions d’Amérique du Nord et d’Europe se rapprochent

pour lutter contre le changement climatique

 

Bruxelles, 26 juin 2009

 

« L’Assemblée des Régions d’Europe (ARE) milite depuis longtemps pour un modèle de gouvernance locale qui intègre pleinement le développement des énergies vertes, en Europe et au sein des rapports Nord/Sud. C’est donc tout naturellement que j’ai répondu favorablement à votre invitation, puisque l’ARE se joint à toutes les forces vives qui luttent contre le changement climatique« . C’est ainsi que s’est exprimée la présidente de l’ARE, Madame Michèle Sabban, devant le premier ministre du Québec, Jean Charest, le premier ministre du Manitoba, Gary Doer, le PDG de ‘the Climate Group’, Steve Howard et le ministre de l’Environnement et de l’Habitation de la Generalitat Catalunya (E), Francesc Baltasar i Albesa. 

 

Aujourd’hui, les provinces canadiennes du Québec et du Manitoba, la Generalitat Catalunya, l’ARE et ‘the Climate Group’ ont élaboré une stratégie visant à faire reconnaître le rôle des États fédérés et des Régions dans la lutte contre le changement climatique. Malgré les efforts entrepris, la poursuite des émissions de gaz à effet de serre accentuera le réchauffement de la planète et modifiera profondément le système climatique au cours de ce siècle. D’un autre côté, la politique énergétique européenne vise à atteindre 20 % d’énergies renouvelables d’ici 2020 dans la consommation globale d’énergie de l’UE. « Devant l’ampleur de la tâche qui nous attend, je tire une conclusion qui, en raison de son urgence, devient pour nous une injonction : celle de tout faire pour associer plus étroitement les Régions à la lutte contre le changement climatique et ce d’autant plus que nous ne sommes plus qu’à six mois du Sommet de Copenhague » a déclaré Michèle Sabban.

 

La présidente de l’ARE a présenté à ses interlocuteurs les nombreuses initiatives engagées par les Régions membres de l’ARE. Ainsi en est-il de la déclaration « Les régions européennes pour l’efficacité énergétique et le développement des sources d’énergie renouvelable », signée en 2006 avec la FEDARENE[1], et co-signée par 86 Régions à ce jour. La signature de cette déclaration correspond pour les Régions à un véritable engagement de lutte contre le réchauffement climatique, et se traduit notamment par l’adoption d’objectifs quantitatifs ambitieux de réduction des gaz à effet de serre.

 

Preuve de l’engagement constant de l’ARE en matière d’environnement, son Université d’été et son Université des jeunes aborderont, du 24 au 28 août à Valencia (E), l’élaboration de mesures appropriées pour sauvegarder leurs ressources naturelles, et en particulier « l’Eau, un engagement pour notre avenir ».

 

Michèle Sabban a convié ses interlocuteurs à suivre les travaux de la prochaine Assemblée Générale de l’ARE les 26 et 27 novembre 2009 à Belfort – Franche-Comté (F), qui sera placée sous le signe du développement durable. « L’innovation régionale : une solution énergétique pour la croissance et l’emploi en Europe » en sera le thème, et l’ARE cherchera à donner la plus grande visibilité possible au rôle joué par les régions dans la gouvernance environnementale émergente.

 

Michèle Sabban a également souligné le partenariat entre l’ARE et l’entreprise GE Energy, qui se manifeste notamment par l’organisation annuelle d’une Journée de l’Energie, pour que les experts et des décideurs se réunissent et imaginent ensemble des solutions régionales aux questions de l’efficacité économique, de la sécurité des approvisionnements, et du respect de l’environnement. La Journée de l’Energie des Régions d’Europe est la première journée de collaboration entre des décideurs publics régionaux et des experts européens de l’énergie ; elle se déroulera chaque année à partir d’avril 2010.

 

La présidente de l’ARE a salué l’accord signé aujourd’hui par le Québec et le Manitoba avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), dont elle espère qu’il en inspirera bien d’autres. Le premier ministre du Québec, Jean Charest, s’est réjoui de la reconnaissance, par les Nations Unies, du rôle essentiel des régions ou États fédérés comme le Québec et le Manitoba dans la lutte au changement climatique. « C’est par nos politiques publiques, par l’exercice de nos responsabilités en matière d’énergie, d’aménagement ou de transport que nous pouvons faire la différence et amorcer un mouvement dans la bonne direction ». Rappelons que l’ARE a d’ores et déjà établi un partenariat avec le PNUD, qui a notamment donné lieu à la conférence de Limoges sur le changement climatique en mars 2009.

 


[1] La FEDARENE est un réseau qui rassemble des organismes locaux et régionaux qui mettent en œuvre le développement durable.

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Intervention de Jean-Paul HUCHON

 

 

 

 

Mesdames et Messieurs,

 

En organisant pendant plus d’un mois ces Etats généraux des formations, j’ai conscience de l’importance des enjeux que nous avons tous collectivement soulevés, de réunions en réunions : l’exclusion sociale des jeunes franciliens, la déqualification des séniors dont on veut trop souvent se débarrasser avant l’âge légal de la retraite, la réticence des entreprises à recruter des jeunes diplômés, même quand ils sont titulaires d’un doctorat, la désertification médicale, une désertification qui ne touche pas que les zones rurales mais également nos banlieues …. Ces enjeux sont essentiels. Ils sont tout sauf théorique. Tous les franciliens, quelques soient leur âge, leurs conditions sociales, le lieu où ils habitent, sont concernés.

 

La situation sans précédent que nous vivons n’a pas changé la donne. Bien au contraire. La crise qui frappe la planète depuis la rentrée a encore accentué l’ampleur des problèmes. Les jeunes sont les plus touchés par l’augmentation très importante du chômage. En un an, le chômage des jeunes a bondi en France de 32 %. La France est plus que jamais le pays qui affiche l’un des taux d’emploi des séniors les plus bas au monde. Et le débat actuel sur la remise en cause de la retraite à 60 ans ne va pas arranger les choses.

 

Je ne noircis pas le tableau par plaisir. Le pacte social de l’après guerre qui s’est construit entre les générations est en train de se défaire à très grande vitesse. Je sais que le Président de la République a affirmé à Versailles que le modèle français avait de nouveau sa chance avec la crise. Je partage ce sentiment. Le problème, c’est que je ne sais pas de quel modèle français on parle ? Continuer à exclure les jeunes sans qualification, est-ce un modèle ? Arrêter l’amélioration des conditions de travail des plus de 50 sous prétexte qu’ils sont des poids morts pour les entreprises, est-ce un modèle ? Non. Deux fois non. La réalité du modèle français, c’est qu’il segmente les âges à l’extrême. D’un côté, on ne veut pas intégrer les jeunes. De l’autre, on ne veut plus des séniors. Cette logique n’est pas bonne. Je n’ai pas peur de dire que cette logique est criminelle. 

 

Le monde a changé. Les cycles de la vie se sont transformés. Le pacte social qui a été construit dans l’après guerre (pour dire vite : la formation aux jeunes, le travail aux adultes, la retraite aux personnes âgés) n’a plus court aujourd’hui. Le temps de la formation n’est plus réservé aux seuls jeunes. Le temps de la formation, des formations, concerne tous les âges de la vie. La société de la connaissance a tout bousculé sur son passage. Pour le meilleur mais il faut aussi oser le dire parfois pour le pire.

 

Le schéma des formations tout au long de la vie que la Conseil régional a adopté il y a maintenant deux ans prend avec les circonstances actuelles une résonnance nouvelle. A l’image des modèles scandinaves, ce schéma rompt avec beaucoup de choses : avec la tyrannie des âges – notre schéma substitue à la notion d’âge celle de parcours individualisé-, avec la fatalité de l’échec -  notre schéma part du présupposé simple qu’il faut toujours accorder une deuxième, une troisième chance-, avec le cloisonnement entre les structures, – notre schéma prône avant tout la construction de passerelles-,  avec le culte de l’employabilité – notre schéma anticipe les transformations actuelles du monde du travail, identifie les besoins de formations de demain-,  ce schéma rompt enfin avec la culture du chacun chez soi – notre schéma repose en effet sur la notion pour moi essentielle de partenariat-.

 

Ce dernier point est crucial. La crise rend encore plus urgente l’obligation de repenser la solidarité. Elle rend également urgente le dépassement des esprits de chapelle. J’ai voulu que le diagnostic à l’origine du schéma des formations soit un diagnostic partagé. J’ai également voulu que sa mise en œuvre soit elle aussi collective et collaborative. Que son pilotage repose sur la base d’un étroit partenariat avec l’ensemble des acteurs de l’éducation, de la formation professionnelle et de l’emploi. J’ai enfin voulu, avec ces Etats généraux des formations que nous gardions la même méthode pour établir un état de lieux des actions que nous avons pu mener. Un état des lieux que nous devons établir à l’aune de la crise.

 

En effet, en deux ans, la situation a encore évolué. La crise a souligné de manière plus criante ce qui n’allait pas. Jouant ainsi le rôle d’une loupe grossissante. Elle a aussi souligné, et tous les intervenants des huit tables rondes l’ont bien mis en lumière, ce qui allait bien. En deux ans, le schéma a encouragé de très nombreuses innovations. De très nombreuses initiatives. Des innovations et des initiatives qui ont apporté des mieux à nos concitoyens.

 

En effet, c’est une des grandes caractéristiques de l’application du schéma : nous n’avons jamais autant créé, suscité, encouragé, soutenu d’initiatives. Preuve s’il en est que nous avions eu mille fois raisons de miser sur la concertation, le partenariat, la réactivité et l’inventivité.

 

Ce que j’appelle l’innovation en actes, elle est d’abord mettre l’accent sur l’information et l’orientation. C’était un des points noirs que nous avions tous souligné quand débutait le schéma. La Région Ile-de-France a apporté de nombreuses solutions pratiques. C’est ce qu’attendent les jeunes et leur famille. Nous avons ainsi développé les outils d’information, aussi bien la parution de répertoires de formation, que la modernisation du site lesmétiers.net. Un site internet essentiel puisqu’il est appelé à devenir le site unique dédié à la formation tout au long de la vie. Nous avons également distribué 600 000 clé USB aux lycéens, aux apprentis et à la rentrée aux étudiants des formations sanitaires sociales. Nous devons apporter aux franciliens des informations adaptées. Des informations sur-mesure. Pas du blabla. C’est la raison pour laquelle nous soutenons les établissements pour monter de véritables projets d’orientation au service des élèves et des familles. Nous apportons notre soutien au Salon de l’Education ainsi à de nombreux salons et forums locaux. Par notre soutien aux missions locales, nous contribuons enfin à un véritable service public de l’accueil et de l’information. Un service public ancré sur le territoire. Autant de missions essentielles sur lesquelles nous souhaitons aller plus loin. Notamment sur l’AIO. Avec le FONGECIF. Avec les partenaires sociaux, l’Education nationale.

 

L’innovation en actes, elle est ensuite mettre l’accent sur un enjeu central pour la Région : l’égalité des chances. Comme pour l’enjeu de l’information, nous privilégions le concret. Parce qu’il n’est pas admissible qu’un jeune ou un moins jeune soit condamné à ne pas recevoir une deuxième, une troisième chance si un jour, il chute. Notre rôle est de l’aider à se relever. Notre rôle est aussi et surtout d’intervenir avant qu’il ne perde pied. En repérant individuellement les élèves en risque de décrochage scolaire.

 

Tous ces objectifs sont au cœur du schéma régional des formations que nous avons adopté en 2007. Tous ces objectifs sont également au cœur des interventions de la Région. Les résultats de notre action engagées avec les 3 académies et la DRIAF dans le cadre du dispositif « Réussite pour tous » sont là : le nombre des projets a triplé passant de 50 projets en 2004 à 142 projets en 2008-2009. En 2009, près de 4000 élèves vont bénéficiés de ce dispositif. Au total, près de 12 millions d’euros ont été engagés dans la lutte contre le décrochage scolaire. Ce combat que nous menons ensemble, dans les lycées, dans les MGI produit nettement ses effets : dans notre Région, le taux de sortie sans qualification a ainsi baissé en 6 ans de 9% à 5,5%. Il reste que la crise risque de fragiliser nos efforts, d’autant plus que les moyens mis à disposition par l’Etat aux MGI sont en diminution.  Au lycée Jean Macé, où nous avons organisé l’une de nos rencontres des EGF, nous avons vu les effets concrets du projet « Prélude » qui vient d’être mis en place à la rentrée 2008 et qui permet d’aider des élèves de seconde BEP en grande difficulté. Cette initiative forte est un bon exemple d’un dispositif qui permet de diminuer le nombre d’élèves qui jusqu’alors quittaient le système scolaire sans qualification. En accueillant le micro lycée, il prouve également qu’il n’existe pas de fatalité à l’échec scolaire. L’avenir, c’est le cas par cas. C’est la recherche de solutions individuelles. Adaptées. C’est le suivi personnel, personnalisé.

 

Le Conseil régional souhaite que cette logique d’action en faveur des « décrocheurs » s’impose désormais  tout au long de la vie. Je sais que c’est une grande rupture dans les schémas de pensée. Le schéma des formations change beaucoup de choses. Parce qu’il est avant tout centré sur l’individu. Sur les projets personnels qu’il souhaite bâtir. Sur ses parcours. Sur les transitions. Par exemple entre le collège et le lycée. Ou entre le lycée et l’enseignement supérieur. Sur les passerelles. Sur la mixité des formations. En évitant à chaque fois que c’est possible les ruptures trop brutales. En développant la polyvalence des lieux de formations à l’image des Lycées des métiers où les formations se côtoient, facilitant les passerelles et valorisant la voie professionnelle.

 

Pour l’enseignement supérieur, nous avons mis en place des dispositifs équivalents. Pourquoi se priver des expérimentations qui marchent dans le secondaire ? Je crois aux valeurs de l’exemplarité. Ma conviction de toujours est qu’il faut généraliser les expérimentations réussies. L’innovation en actes, c’est cela. Il faut être pragmatique. Stopper ce qui ne marche pas. Amplifier les réussites. Nos dispositifs « coups de pouce » ou encore la création du « diplôme d’accès aux études universitaires » en témoignent. L’insertion scolaire durable est ce prix. Il faut tenir tous les bouts de la chaîne. Des cycles aménagés pour les apprentis au soutien à l’insertion professionnelle des doctorants. Du financement des « écoles de la deuxième chance au soutien à la mise en place d’un Fonds régional expérimental d’action sociale pour les étudiants des formations sanitaires et sociales. On peut me reprocher d’embrasser trop large. J’assume pleinement ce choix. Favoriser l’égalité des chances, c’est faire le choix de l’excellence pour tous. Aussi bien l’élève de Science po dont nous soutenons les expérimentations ou l’élève de Grande Ecole où nous soutenons le tutorat avec le milieu associatif que le chaudronnier comme un professeur nous l’a rappelé avec force au Lycée Jean Macé. Je les veux tous sur la photo de la réussite francilienne !

 

Je n’oublie pas non plus que favoriser l’égalité des chances, c’est aussi renforcer les moyens d’accès à la formation. Depuis deux ans, nous développons les aides directes aux franciliens : aides à l’équipement scolaire et professionnel, à la demi-pension, au logement, aux déplacements, bourses aux étudiants, rémunération des stagiaires … Je sais qu’à travers ces mesures, on peut penser qu’on s’éloigne de l’enjeu éducatif stricto sensu. C’est tout le contraire en fait. Nos choix ont un impact direct sur la qualité du travail des petits franciliens. Je veux bien que l’on parle de réussite scolaire, qu’on échafaude les plus belles théories sur le savoir mais quand on ne peut pas payer la cantine, quand on doit cumuler les emplois le soir pour financer ses études le jour, quand on n’a pas les moyens de payer ses tickets de transport et bien tout cela reste des principes abstraits.

 

L’innovation en actes, elle est aussi mettre sur l’accent l’enjeu central de la mobilité internationale. C’est un de nos axes importants. Nous avons développé des parcours européens de formations européennes des lycées professionnels. 2000 jeunes. Les séjours linguistiques en Europe des BTS issus de bacs pro. Nous avons permis d’organiser des séjours linguistiques pour les jeunes en apprentissage et d’inciter aux stages individuels dans les entreprises à l’étranger. Pour l’année 2008-2009, plus de 6000 apprentis franciliens, de tous niveaux de formation et de tous secteurs d’activités, ont bénéficié de nos aides à la mobilité internationale. Il y a trois ans, ils n’étaient que 2200 à franchir les frontières de l’hexagone. En tout, depuis la création de nos dispositifs d’incitation à la mobilité internationale, plus de 15 000 apprentis ont bénéficié des aides du Conseil régional. Mon souhait est que notre dispositif phare, Eurostart, soit repris par l’Europe. 

 

L’innovation en actes, elle est enfin mettre l’accent sur l’enjeu de l’insertion et de la réinsertion. Dans le contexte actuel, je pense en effet qu’il est indispensable de former plutôt que de licencier, de former pour élever les compétences durant les périodes de chômage partiel, de former pour ramener à l’emploi. C’est tout l’objet de notre programme régional qualifiant qui a permis à 25 000 franciliens de reprendre espoir. Ou encore de notre programme « action d’initiative territoriale », du dispositif « action régionale conjoncturelle qualifiante » en cours d’expérimentation. Ou encore de notre dispositif « parcours d’accompagnement vers l’emploi » que nous avons créé en mars 2008. Dispositif qui combine suivi personnalisé dans la recherche d’emploi, stages en entreprises et complément de formation.

 

Oui, en matière d’insertion, il faut savoir innover. La convention relative à la sécurisation des parcours et à la consolidation de l’emploi que nous avons signée au mois d’avril avec l’Etat et les partenaires sociaux est pour moi le meilleur témoignage de notre effort collectif sur la formation des salariés d’entreprises affectées par des mutations économiques. Nous avons prouvé que quand on veut agir de manière concrète, de manière efficace, et bien ça marche.

 

Notre convention s’est fixée pour objectifs d’aider les entreprises, notamment les plus petites, à anticiper les mutations économiques et sociales ou technologiques et leurs conséquences sur leur besoin en termes de compétences. Et d’accompagner les Franciliens victimes de la crise en privilégiant leur maintien dans l’emploi ou en favorisant leur retour rapide et durable à l’emploi. Au final, c’est près de 100 000 personnes qui pourront bénéficier de cette convention inédite par son ampleur.

 

C’est une grande leçon de la crise. Elle appelle à plus de cohérence, à plus de concertation et à plus de partenariat. Sur le front de la formation et de l’emploi, la réussite passe nécessairement par une coordination entre l’Etat, la Région, les partenaires sociaux, les consulaires, les représentants du monde professionnel et socio-économique. En ce qui concerne la gouvernance du schéma, nous devons ainsi renforcer la concertation des missions et des commissions du CCREFP co-présidé par l’Etat et la Région où sont représentés l’Education nationale et les partenaires sociaux.

 

Bref : l’état que nous avons établi prouve la pertinence de toutes nos initiatives. Je crois malgré tout qu’il nous faut frapper encore plus fort. Il nous faut être collectivement capable de faire bouger les lignes. L’innovation doit être en actes. Elle doit être aussi en perspectives.

 

La leçon de toutes ces initiatives, c’est en effet que l’on peut tordre le coup à la fatalité. On peut tordre le coup à la déqualification et l’exclusion sociale des jeunes. Les témoignages des jeunes et des formateurs l’ont bien montré à Sevran : il est possible de faire venir et revenir des jeunes sortis sans qualification du système scolaire sur des parcours de réussite. Des parcours parfois longs, des parcours qui impliquent de prendre le temps de découvrir des métiers, de tester des gestes professionnels, de construire un projet cohérent, d’imprimer une dynamique avec des projets collectifs. Des parcours qui impliquent ensuite de se tourner vers une formation qualifiante, d’apprendre un métier, de faire des stages en entreprise, et qui permettent d’accéder à l’emploi. Des parcours professionnels mais aussi des parcours de vie, qui forment des futurs salariés mais aussi des citoyens actifs et ouverts sur la société qui les entoure.

 

Sur cette thématique, il faut que nous soyons capables d’amplifier notre effort, en fédérant les volontés positives et les financements. C’est la raison pour laquelle je proposerais dès cette semaine à Martin Hirsch un partenariat global entre l’Etat et la Région Ile-de-France sur l’emploi des jeunes. Ce partenariat pourra comprendre plusieurs piliers, qui se déclineront dans les prochaines semaines et prochains mois.

 

D’abord pour adapter et prolonger l’accord-cadre d’objectifs et de moyens sur l’apprentissage, en faisant plus dans les secteurs qui restent dynamiques, en prévenant davantage les ruptures de contrats, en favorisant l’accès à l’apprentissage des publics éloignés de l’emploi. Ensuite pour amplifier, pérenniser et stabiliser le réseau des Ecoles de la 2ème chance, dont l’Ile-de-France est l’un des territoires les plus dynamiques et innovants. L’Etat a annoncé sa volonté de rejoindre les régions qui sont les premiers financeurs de ces écoles. Très bien. Concrétisons cet engagement pour qu’il soit à la hauteur des discours et des enjeux en présence…

 

Il faut également que nous prévoyions dans ce partenariat global l’articulation étroite de nos interventions. Dans son plan pour l’emploi des jeunes, l’Etat prévoit de financer la formation de 50 000 jeunes, dont près de 7000 en Ile-de-France. Très bien. Même si je peux regretter la faiblesse du chiffre. Faisons en sorte que ces formations soient pensées et mises en œuvre en complémentarité avec les formations, plus nombreuses financées par la Région Ile-de-France. De même, l’Etat, la Région et les autres collectivités soutiennent le réseau des missions locales, qui est aujourd’hui confronté en direct à la hausse du chômage et de la précarité des jeunes. Actons ensemble de notre engagement en soutien à ce réseau qui joue un rôle essentiel pour l’orientation, l’accompagnement et l’insertion professionnelle des jeunes.

 

Au-delà de la question des jeunes, nous sommes face à deux évolutions à prendre en compte autour de la formation tout au long de la vie et de la sécurisation des parcours : d’une part il n’est plus possible de raisonner en termes de statuts et il faut former plus ceux qui en ont le plus besoin. C’est théoriquement l’objectif d’une réforme de la formation professionnelle qui tarde à voir le jour alors qu’elle est essentielle. D’autre part, le contexte économique et social dégradé exige des réponses fortes de tous les acteurs et financeurs de la formation.

 

Ces deux éléments incontournables, illustrés lors de la rencontre de St-Germain en Laye, nous obligent à travailler davantage encore et de manière plus intégrée avec tous nos partenaires. La Région y est prête. Elle a l’habitude de franchir les lignes de ses compétences, elle contribue à la formation de jeunes en insertion, de bénéficiaires des minima sociaux, de demandeurs d’emploi, de salariés, d’artisans…Elle a expérimenté depuis plusieurs années un soutien à des actions innovantes, mêlant les financements et dépassant les statuts. Elle œuvre avec ses partenaires à construire des réponses emploi et formation pour les franciliens fragilisés et victimes de la crise. Oui, il faudra aller plus loin avec la réforme de la formation professionnelle, si elle aboutit. Il faudra aller plus loin en s’appuyant sur les outils créés par les partenaires sociaux : fonds paritaire de sécurisation des parcours, formations de préparation à l’emploi. Mais il faudra aller plus loin aussi en dépassant cette réforme, en dépassant la juxtaposition de ces outils avec ceux qui existent aujourd’hui et en inventant leur combinaison, leur articulation, pour que les bénéficiaires aient un accès facilité à la formation au-delà des problématiques de tuyauterie financière et institutionnelle.

 

Pourquoi ne pas proposer aux partenaires sociaux franciliens de cumuler nos réponses pour les demandeurs d’emploi ? Pourquoi ne pas construire ensemble des projets pouvant être soutenus au niveau national par le fonds paritaire de sécurisation des parcours et par le nouveau fonds d’investissement social (FISO) ?  Pourquoi ne pas coordonner des actions de formation sous statut demandeur d’emploi qui se poursuivent en emploi, en alternance ou en période de professionnalisation ? Pourquoi ne pas aller plus loin en matière d’apprentissage en demandant aux entreprises de s’engager davantage pour la rentrée 2009-2010 ? Pourquoi enfin ne pas rendre prescriptif le PRDF établi par la Région ?

 

Ces questions sont, je le crois, essentielles. Pour y répondre, il faudra revoir le cadre des compétences des Régions. C’est en tout cas mon souhait. Nous sommes près à augmenter nos interventions dans le domaine de la formation. Nous avons fait naître les innovations. Les initiatives. Nous avons, partout où c’était possible, soutenu et financer les projets des acteurs. Souvent il faut le dire parce que l’Etat était défaillant. Difficile en effet pour les membres de la communauté éducative d’avoir le moral quand on vient de leur annoncer, cadeau d’adieu de Xavier Darcos, que le nombre des enseignants allaient encore diminuer de 11 000 postes. Difficile pour les jeunes professeurs et les jeunes maîtres de voir la vie en rose quand avec la masterisation, on leur supprime tout bonnement leur stage et qu’on les oblige ainsi à plonger sans formation dans le grand bain du lycée. Difficile enfin de parler de réussite scolaire ou encore d’insertion des enfants handicapés quand le gouvernement vient d’annoncer le plus grand plan social du pays : 30 000 emplois d’assistants de vie scolaire (AVS) supprimés ! 30 000 personnes condamnées au chômage, à la précarité, alors que la crise fait rage ! 30 000 personnes qui s’étaient démenés comme des diables pour faire progresser nos enfants, pour soutenir au quotidien les enseignants,  pour renforcer le service public de l’éducation ! Je le dis comme je le pense : ce n’est pas de cette manière là que l’on renforce l’école. Ce n’est pas de cette manière là que l’on prépare l’avenir. Ce n’est pas cette manière là que l’on anticipe la sortie de crise.

 

Je vais conclure.

 

La Région Ile-de-France est riche de ses initiatives locales. C’est un trait spécifique que je souhaite amplifier. Ce que j’ai entendu pendant ce mois et demi va nous aider à progresser. A améliorer encore ce qui fonctionne bien. Je pense tout particulièrement à nos aides sur le transport, sur le logement, pour résumé sur tout ce qui constitue l’environnement des franciliens. Ce que j’ai entendu va également nous aider à revoir ce qui fonctionne moins bien. Et surtout à compléter nos dispositifs. Sur, par exemple l’enjeu de la désertification médicale ou encore sur la fidélisation des étudiants. Ou encore à travers nos prochains schémas des formations sportives et du tourisme.

 

En période crise, on attend beaucoup de l’Etat. Les inquiétudes accentuent presque mécaniquement les réflexes jacobins. Ma responsabilité de Président de Région est de dire que tout ne viendra pas de l’Etat. La sortie de la crise viendra aussi des collectivités locales. Parce que nous sommes au plus près des populations. Parce que nous avons l’habitude de travailler en partenariat. De manière collective. Parce que plus de 75 % de l’investissement public de notre pays a pour origine les collectivités locales. Un exemple parmi beaucoup d’autres : la Région Ile-de-France vient de décider d’investir 900 millions d’euros dans les universités. Alors que ce n’est pas un sujet de notre compétence. Pour reprendre la distinction opérée par le Président de la République dans son discours prononcé à Versailles, nous devons tous avoir conscience que la très grande majorité des dépenses utiles, des dépenses d’avenir de notre pays comme la formation vient des collectivités locales et tout particulièrement des régions. Et que dans le futur, ce sera encore plus le cas. Merci.

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