Jean-Paul Huchon réagit au discours de Nicolas Sarkozy
« Le Président de la République vient d’exprimer sa crainte d’une crise plus durable et plus grave que prévu.
Il ne modifiera pourtant pas sa politique, ni les cadeaux fiscaux aux plus aisés, ni la suppression des emplois publics, ni la déréliction des services publics. Il n’envisage pas un nouveau plan de relance alors que nous nous enfonçons dans la récession.
Il fait désormais, par une dramatisation qu’il doit estimer habile, peser de lourdes menaces sur les retraites et notre sécurité sociale. Sans avouer la faillite du pays, il transfère la responsabilité sur les collectivités locales et les fonctionnaires, alors que les collectivités réalisent 73% de l’investissement public, sans déficit, faut-il le rappeler : elles n’en ont pas la possibilité légale.
En distinguant artificiellement, un bon déficit (concentré sur l’investissement) et un mauvais déficit (axé sur le fonctionnement), le Président de la République rend involontairement hommage aux collectivités locales qu’il ne propose pourtant pas de concerter sur les réformes.
A l’exception de la taxe carbone, dont la faisabilité n’est pas démontrée ni la justesse sociale, il passe sous silence les nécessités du développement durable et les suites du Grenelle, faisant confiance à la production – qui recule – et au travail – qui subit une destruction accélérée.
Il n’y a rien de nouveau sous le soleil Sarkozyste, plutôt une aggravation de sa politique, des menaces sur notre système social, de nouveaux cadeaux aux entreprises (TP), un grand emprunt pour éviter une hausse des impôts, une attaque frontale contre les collectivités locales. Comme si la crise allait traverser notre pays comme le nuage de Tchernobyl. Pour le chantre du mouvement, il fait du sur place.
Manque d’attention à la souffrance et à l’angoisse des Français, notamment les jeunes, persistance dans un discours à sens unique, comme s’il n’y avait pas d’autres solutions qu’une pensée unique, la sienne.
La déception est à la hauteur des attentes, s’il y en avait. »