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la mère d’un enfant handicapé porte plainte contre l’éducation nationale

  • Faute de l’assistance d’une auxiliaire de vie scolaire pourtant accordée début juillet par la commission des personnes handicapées du Lot-et-Garonne, Clément, un enfant de trois ans qui présente un léger retard mental, n’a pas pu être scolarisé à la rentrée. Aussi, rapporte le journal Sud-Ouest, sa mère, Yolande Raulet, a déposé plainte vendredi 4 septembre au commissariat de police d’Agen contre l’éducation nationale pour non-respect de la loi du 13 février 2005 qui impose à l’Etat d’accueillir les enfants handicapés dans l’école du quartier selon leurs besoins.

     

    Sur les 67 demandes d’auxiliaires approuvées le 11 juillet par la commission des personnes handicapées du Lot-et-Garonne, «une trentaine d’enfants se retrouvent sans AVS dont six qui du fait de leur handicap n’ont pas pu être scolarisés du tout», explique Luc Mamin du principal syndicat d’enseignants du primaire, le Snuipp.

     

    Effet de la plainte ou non, dès le vendredi soir, l’inspection académique du Lot-et-Garonne attribuait un auxiliaire de vie scolaire au petit Clément. «L’accompagnement débutera mercredi prochain sur deux demi-journées par semaine», explique Sylvie Loiseau, inspectrice académique selon qui «les autres situations sont en cours de règlement.» Du fait des congés, ses services n’ont reçu la décision de la maison départementale des personnes handicapées que le 24 août.

     

    Ce type de raté dans l’intégration des enfants handicapés n’est pas rare et plusieurs parents ont déjà gagné devant les tribunaux administratifs. Toutefois «la plus grande partie des difficultés se résorbe souvent dans le courant du mois de septembre», témoigne Thierry Nouvel, directeur général de l’Unapei (Union nationale des associations de parents et amis de personnes handicapées mentales). Le temps que l’éducation nationale recrute de nouveaux contrats aidés pour répondre aux nouvelles demandes et de remplacer ceux arrivés à échéance (six ans maximum pour les AVS, trois ans pour les EVS, emplois de vie scolaire).

  • Contrats précaires

     

    L’annonce par le ministre de l’éducation, Luc Chatel, le 3 septembre, de la création pour cette année de 5000 nouveaux contrats aidés pour l’accueil des enfants handicapés à l’école, ne change rien à l’affaire.

    «On a voté une loi sur l’intégration des enfants handicapés en 2005 mais on n’est pas allés jusqu’au bout de la logique, remarque Luc Mamin. On sait qu’on a des besoins d’accompagnement pérennes, mais, au lieu de créer un vrai métier, on préfère jongler avec des contrats précaires et tous les ans ça crée des situations d’enfants qui se retrouvent sans AVS à la rentrée.»

    C’est bien là le paradoxe : alors que les inspections académiques peinent à recruter de nouveaux AVS, quelque 5000 agents expérimentés – 1300 AVS et environ 4000 employés de vie scolaire faisant fonction d’AVS – ont vu leur contrat se terminer fin juin 2009 et sont désormais au chômage. Une convention-cadre signée le 1er septembre 2009 entre l’éducation nationale et trois associations (l’Unapei, le FGpep et la Fnaseph) permet théoriquement à celles-ci d’être subventionnées par l’Etat pour recruter certains auxiliaires de vie scolaire en fin de contrat.

     

    Mais seuls les AVS qui ont acquis des «compétences spécifiques» du fait de la nature du handicap de l’élève accompagné sont concernés par ce repêchage. «Ça peut être des agents qui ont appris la lecture braille pour s’occuper d’un enfant aveugle, ou la langue des signes pour un élève sourd, ou encore qui suivent un enfant autiste», précise Thierry Nouvel, selon qui seules «500 à 1000 personnes pourraient retrouver leur poste d’ici fin septembre.» Les EVS sont eux plus ou moins exclus de la mesure, n’étant «pas une priorité pour le ministère», souffle Thierry Nouvel.

  • «Désengagement de l’éducation nationale»

     

    Autre écueil, le versement à l’association de la subvention ne serait assuré que tant que l’enfant a besoin de l’AVS. A charge ensuite pour l’association de licencier l’AVS dont elle avait repris le contrat ? Pour l’instant les inspections académiques, qui ont la responsabilité d’identifier les élèves et les AVS concernés, en sont encore au stade de la constitution des listes, avant de proposer aux associations de reprendre ces contrats.

     

    «Le gouvernement a fait croire à tort aux familles qu’elles allaient toutes garder leur AVS et aux AVS qu’ils allaient tous conserver leur emploi», regrette Jean-Marie Barbier, président de l’association des Paralysés de France (APF). L’APF a refusé de signer la convention-cadre qui marque selon elle «un désengagement de l’éducation nationale alors que ça fait six ans que nous nous battons pour dire que l’accompagnement des enfants handicapés est un vrai métier et pas un tremplin vers autre chose».

     

     

    Petit espoir pour les associations, Luc Chatel aurait évoqué la création d’un métier pour l’accompagnement des élèves handicapés. «Une première pour un ministre de l’éducation», dit Thierry Nouvel. 

  • article publié par MEDIAPART

     

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