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Merci à Jacques GENEREUX!

 

 

Parce qu’il y en a un peu marre de s’entendre qualifier d’euro-sceptique dès
qu’il s’agit de critiquer la politique européenne. En gros, soit vous êtes pour
l’Europe libérale, soit vous êtes un affreux nationaliste jacobin arriéré
archaïque et réactionnaire.
Je suis profondément européen. Non que j’ai un sentiment patriotique exacerbé
de mon continent mais je continue de penser que c’est l’échelon le plus
pertinent pour construire un rapport de force avec les autres puissances
économiques. C’est dans l’Europe que doivent se réguler les politiques
monétaires, sociales mais aussi bien entendu écologiques par exemple.

Ce n’est pas le FMI qui peut engendrer cette action. C’est pourquoi je me
désintéresse de savoir qui va succéder à Dominique Strauss-Kahn. La place et
l’influence de la France dans le concert mondial ne sont absolument pas
intéressantes si c’est pour aller faire le sale boulot. Les instances mondiales
comme celles-ci ou le G8 échappent à tout contrôle démocratique et perpétuent
les politiques les pires, les plus inégalitaires, les plus favorables aux riches
et les plus défavorables aux peuples.

Euro-sceptique ça veut peut-être dire que je crains qu’il n’arrive pareil à
l’Europe. De moins en moins démocratique, de plus en plus inégalitaire. C’est
souvent lié. Jetez un coup d’œil en Afrique de nord pour illustrer ceci.
Pourtant, si bon nombre de personnalités politiques partagent ce constat, il me
semble qu’on fait de l’euro un bouc émissaire un peu facile des problèmes posés
par l’Europe. La monnaie européenne n’est pas, en soi, le problème des
inégalités sociales, des politiques « monétaristes » (doux nom pour « de rigueur »),
des choix européens. Comme nous l’explique Jacques Généreux, mon camarade de
Parti et néanmoins brillant économiste, elle n’est qu’un instrument au service
d’une banque centrale indépendante qui a des objectifs fixés par les pays
membres. Ce sont ces objectifs qu’il faut changer : une solidarité budgétaire
entre les États membres, et un budget européen plus important, la liberté pour
chaque État de compenser un choc conjoncturel par le niveau de déficit public,
un nouveau statut de la Banque centrale européenne lui assignant d’œuvrer au
soutien de l’activité et de l’emploi, des mécanismes d’harmonisation des
politiques fiscales et sociales, visant au minimum à protéger les États membres
contre tout dumping fiscal ou social, le contrôle des mouvements de capitaux
vers les pays non membres de l’Union européenne.

Pour ça, il faudrait bien sûr abolir le Traité de Lisbonne. Mais avec ses objectifs, une monnaie
unique européenne serait un atout et non un handicap. L’euro a désormais une
très mauvaise image au sein des peuples européens car il symbolise le pouvoir
d’achat en berne, les inégalités croissantes, sans n’avoir pu jouer aucun rôle
dans la protection des salariés contre la crise. Mais reconnaissons que, même
avant l’euro, nous avions déjà à affronter du chômage de masse, du dumping
social, des délocalisations, etc. C’est donc bien les politiques menées qui sont
responsables.

Ce n’est donc pas en revenant au franc que l’on se sortira
du capitalisme financier. Bien au contraire, on multiplierait les terrains de
jeux financiers, et nous ouvririons de nouveaux espaces pour la spéculation
entre monnaies. Ce serait même un mauvais signal envoyé aux peuples européens,
en faisant croire que l’on ne peut pas mener d’autres politiques dans l’Union
Européenne. C’est au contraire les abandonner à la démagogie nationaliste qui
les dressera les uns contre les autres. Pas un hasard si les porte-paroles de la
sortie de l’euro sont souvent des personnes engagées très à droite, voire à
l’extrême droite.

Méfions-nous donc de cette revendication qui, à mon
sens, ressemble plus à un écran de fumée destiné à cacher la réalité politique
et économique de l’Union Européenne qu’à une vraie solution alternative qui
aiderait les peuples européens.

Gabriel Amard

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