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Archives pour 11/2011

Une grande dame nous a quittés: Danielle Mitterrand

Danielle Mitterrand s’est éteinte cette nuit, à l’âge de 87 ans. Nous savions sa santé fragile depuis quelques mois, nous redoutions l’issue de son hospitalisation récente et nous venons hélas d’apprendre avec émotion cette triste nouvelle.

Engagée dans la Résistance dès son plus jeune âge, elle fut, durant toute sa vie, au premier rang de tous les grands combats, pour les droits de l’homme, pour l’émancipation humaine et pour la défense des ressources naturelles de la planète.

Avec la Fondation France Libertés – Fondation Danielle Mitterrand, qu’elle avait créée en 1986, elle s’engagea avec détermination dans de nombreuses causes internationales.

Femme de gauche, elle exprimait des convictions fortes et n’avait pas hésité à faire savoir qu’elle voterait non au référendum sur le TCE en mai 2005.

Elle a consacré les dernières années de sa vie à la défense de l’eau, ce bien commun si important, qu’elle refusait de voir devenir « un bien économique au profit, sonnant et trébuchant, de quelques privilégiés ».

Le Bureau national du Parti de gauche et tous ses adhérents, Martine Billard et Jean-Luc Mélenchon ses co-présidents, s’inclinent devant sa mémoire. Nous adressons une pensée fraternelle et affectueuse à tous ses proches et aux membres de sa famille.

 

L’impromptu de Berlin, un régal… en Alexandrins ……….

L’impromptu de Berlin, un régal… en Alexandrins ……….
> > envoyé par Elie Mangoubi
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> > > > La scène se passe dans les jardins du Château Bellevue, à Berlin. Angela von Mecklemburg et Nicolas de Neuilly se sont discrètement éclipsés de la réception offerte par le roi de Prusse. On entend, au loin, les accents du quatuor de Joseph Haydn.
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> > > > Nicolas :
> > > > Madame, l’heure est grave : alors que Berlin danse
> > > > Athènes est en émoi et Lisbonne est en transes.
> > > > Voyez la verte Erin, voyez l’Estrémadoure
> > > > Entendez les Romains : ils appellent au secours !
> > > > Ils scrutent l’horizon, et implorent les Dieux.
> > > > Tous les coffres sont vides, et les peuples anxieux
> > > > Attendent de vous, madame, le geste généreux !
> > > > De leur accablement ils m’ont fait l’interprète :
> > > > Leur destin est scellé, à moins qu’on ne leur prête
> > > > Cet argent des Allemands sur lesquels vous régnez.
> > > > Cette cause est bien rude, mais laissez moi plaider…
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> > > > Angela :
> > > > Taisez-vous Nicolas ! Je crois qu’il y a méprise
> > > > Folle étais-je de croire à une douce surprise
> > > > En vous suivant ici seule et sans équipage
> > > > Je m’attendais, c’est sûr, à bien d’autres hommages !
> > > > Mais je dois déchanter, et comme c’est humiliant
> > > > De n’être courtisée que pour son seul argent !
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> > > > Nicolas :
> > > > Madame, les temps sont durs, et votre cœur est grand
> > > > Vos attraits sont troublants, mais il n’est point décent
> > > > D’entrer en badinage quand notre maison brûle !
> > > > Le monde nous regarde, craignons le ridicule !
> > > > Notre Europe est malade, et vous seule pouvez
> > > > La soigner, la guérir et, qui sait ? La sauver !
> > > > Nous sommes aujourd’hui tout au bord de l’abîme
> > > > Vous n’y êtes pour rien, mais soyez magnanime !
> > > > Les Grecs ont trop triché ? Alors la belle affaire !
> > > > Qu’on les châtie un peu, mais votre main de fer
> > > > Est cruelle aux Hellènes, et nous frappe d’effroi !
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> > > > Angela :
> > > > J’entends partout gronder, en Saxe, Bade ou Bavière
> > > > L’ouvrier mécontent, le patron en colère.
> > > > Ma richesse est la leur, ils ont bien travaillé.
> > > > L’or du Rhin, c’est leur sueur et leur habileté.
> > > > Et vous me demandez, avec fougue et passion
> > > > De jeter cette fortune au pied du Parthénon ?
> > > > Ce serait trop facile et ma réponse est non !
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> > > > Nicolas :
> > > > On ne se grandit pas en affamant la Grèce
> > > > En oubliant Platon, Sophocle et Périclès !
> > > > Nos anciens nous regardent, et nous font le grief
> > > > D’être des épiciers et non pas de vrais chefs !
> > > > Helmut Kohl est furieux et Giscard désespère.
> > > > Un seul geste suffit, et demain à Bruxelles
> > > > Desserrez, je vous prie, le nœud de l’escarcelle !
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> > > > Angela :
> > > > Brisons là, je vous prie, la nuit est encore belle
> > > > Votre éloquence est grande et mon âme chancelle…
> > > > Mais si je disais oui à toutes vos demandes
> > > > Je comblerais la femme, et trahirais l’Allemande !
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> > > > (Ils s’éloignent, chacun de leur côté)
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