Vaclav Havel, homme libre

Vaclav  Havel, homme libre

Vaclav Havel est mort  dimanche denier, comme il a vécu, sans la solennité, la pourpre et la suffisance  qui conviennent d’habitude aux grands de ce monde. Car s’il le fréquentait par  obligation, celui qui devint chef d’Etat par effraction, par l’irruption de la  démocratie et de la liberté, goûtait peu les frimes du pouvoir.

La LDH rend hommage à cet  inclassable qui fit preuve durant toute sa vie d’une inébranlable rectitude  militante et politique. Ardent défenseur des droits, fondateur avec quelques  amis écrivains, scientifiques, philosophes, historiens de la Charte 77 qui  revendiquait les libertés civiques et politiques en Tchécoslovaquie, dans un  pays étranglé par la répression et la surveillance policière, il fut avant tout  un écrivain de talent. De la liberté de dire et d’écrire, il conclut que plume  de l’écrivain ne pouvait se mouvoir que grâce à la totalité de la liberté.

Arrêté, condamné,  emprisonné, assigné à résidence et au silence, il ne vint jamais à résipiscence.  De 1968 à 1989, du « Printemps de Prague » à la « Révolution de  velours », toujours la même ligne, toujours la même voie : la liberté n’est  pas une possibilité, mais une nécessité. Ce message est toujours  d’actualité.

On se souviendra longtemps,  lors de son investiture quasiment subite comme président de la République, de  son sourire ironique devant tant d’honneur pour l’ex-dissident, de la démarche  prudente devant tant de responsabilités, et cependant de l’assurance du regard  de l’homme de 89 qui, aux côtés d’Alexander Dubcek, l’homme de 68, marquait le  début d’une nouvelle ère politique.

La LDH se rappellera que le  dernier acte politique de Vaclav Havel fut de signer, avec d’autres prix Nobel  de la Paix, une lettre publique en faveur de Liu Xiabo. Un dernier engagement,  une dernière signature, un héritage.

  1. Pas encore de commentaire
  1. Pas encore de trackbacks