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Archives pour 05/2012

Attention on cherche à nous berner!!!!!

La Commission européenne a donc envoyé en catimini ses fonctionnaires à Paris pour émettre hier des exigences quant à l’évolution économique et sociale de la France. Cette procédure relève de la scandaleuse disposition du semestre européen adoptée par toutes les forces politiques du parlement français à l’exclusion des députés et sénateurs au Front de Gauche, et qui consiste à contrôler les projets de budget des états avant même que les parlements nationaux aient eu à les voter.
Comme prévisible, la Commission a rabâché ses crédos libéraux : réformes structurelles sous peine de sanctions, allègement de la fiscalité sur le travail, plus de concurrence dans le commerce de détail, les services, les industries de réseau comme l’électricité et le transports ferroviaire, trop de protection légale des contrats de travail, et nécessité que les licenciements économiques puissent aussi être  autorisés pour améliorer la rentabilité des entreprises, trop de réglementation en général. En résumé, ce que réclame la Commission, c’est la privatisation d’EDF et de la SNCF, l’ouverture des commerces 7 jours sur 7 et à toute heure, la casse du droit du travail et jeter les salariés au chômage pour que les actionnaires se remplissent un peu plus les poches.
Mais, comme la Commission en veut toujours plus, elle exige aussi que l’évolution des dépenses publiques soit inférieure au taux de croissance du PIB, qui étant actuellement de 0,2 % alors que l’inflation est attendue à 2,2 % pour 2012, signifierait donc une baisse des dépenses de 2 %. Ajoutées à la réclamation de la baisse des dépenses sociales et celles des collectivités locales, ce sont les mêmes recettes  imposées dans toute l’Europe, et qui mènent à la récession, que veut imposer la Commission européenne à la France.
Si nous ne voulons pas subir une telle politique de régression, il n’y a qu’une solution : envoyer beaucoup de députés du Front de Gauche à l’Assemblée nationale qui sauront tenir tête à tous ceux qui accepteront de se soumettre aux diktats de la troïka européenne, à commencer par le nouveau gouvernement socialiste dont on n’a pas entendu beaucoup de rejet des prétentions libérales ainsi exprimées.

Martine Billard,
co-présidente du Parti de Gauche

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Après la déclaration scandaleuse de Christine Lagarde…

Après la déclaration scandaleuse de Christine        Lagarde…
Les dirigeants européens et le FMI doivent laisser les          peuples voter librement !

Le « dérapage » de Christine Lagarde vient couronner une série de    déclarations scandaleuses de dirigeants européens. MM. Barroso,    Draghi, Schäuble et même malheureusement Laurent Fabius  (« on ne    peut pas à la fois vouloir rester dans l’euro et ne faire aucun    effort ») ont ouvertement menacé les Grecs d’une exclusion de la    zone euro au cas où leur prochain gouvernement, qui sera élu le 17    juin prochain, remettrait en cause le mémorandum et les plans    d’austérité infligés depuis deux ans à la Grèce. Le même chantage    pèse sur les électeurs irlandais appelés à se prononcer à référendum    le 31 mai pour ou contre le Pacte budgétaire, qui va aggraver encore    et installer définitivement l’austérité en Europe.

Mais, en insultant le peuple grec, Christine Lagarde vient de    franchir une ligne rouge. Le journaliste du Guardian lui    demandait si au moment d’imposer de nouvelles coupes budgétaires à    la Grèce, elle hésite parfois en pensant « aux femmes enceintes qui    doivent accoucher sans sage-femme, aux malades qui n’ont plus accès    aux médicaments vitaux, aux personnes âgées qui meurent par manque    de soins ». Mme Lagarde a osé répondre: « non, je pense davantage aux    enfants d’un petit village au Niger, qui ont deux heures de cours    par jour et occupent une chaise à trois ». Les enfants grecs qui sont    affectés par les coupes ? « Leurs parents n’ont qu’à payer leurs    impôts ». Alors qu’elle même, comme directrice générale du FMI, ne    paye pas un dollar d’impôts sur ses confortables revenus… et que    les plans d’ajustement structurel imposés en Afrique par le FMI ne    sont pas étrangers à la misère qui y règne encore.

Submergée de mails indignés sur sa page Facebook elle a fini par    déclarer sa « sympathie avec le peuple grec et les défis qu’il    rencontre ». Mais son cynisme n’est pas isolé. Les dirigeants    européens se préparent ouvertement à couper les vivres au    gouvernement élu le 17 juin s’il décide, comme le parti de gauche    Syriza l’a annoncé, de dénoncer le mémorandum. Ils espèrent ainsi    intimider les électeurs grecs et les convaincre de voter pour les    deux partis corrompus qui ont mené la Grèce au chaos, Nouvelle    Démocratie et le PASOK. Comme le dit Christine Lagarde dans son    interview au Guardian, sur le ton de la plaisanterie (?),    « quelqu’un a dit que si le peuple n’est pas content de son    gouvernement, il n’y a qu’à changer le peuple ». Une plaisanterie    indécente qui n’a même pas le goût d’un lapsus…

S’ils refusent par leur vote l’austérité et la dictature des    créanciers et des banques, les Irlandais et les Grecs rendront un    fier service à l’Europe tout entière, en montrant aux autres peuples    qu’on peut stopper la course vers l’abîme dans laquelle les    dirigeants européens nous entraînent par leur cynisme et leur    aveuglement. Le peuple islandais l’a déjà fait, pour son plus grand    bien, en refusant par deux référendums de rembourser les créanciers    de ses banques en faillite ! Attac France, avec les Attac d’Europe,    exige que l’Union européenne et le FMI abandonnent toute pression à    l’encontre des électeurs irlandais et grecs.

Attac France,
Paris, le 29 mai 2012

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